17/10/2014

Cockpit
Disponible dans la section Textes.

 

09/09/2014

Un aller retour à Laval

Disponible gratuitement chez N’a qu’1 oeil, Acapulco, La mauvaise réputation (Bordeaux).
Nijinski, Peinture fraiche (Bruxelles). Le Bal (Paris).

Également disponible dans la section Textes.



03/04/2014

Jeux olympiques d’hiver 2030 

Je n’en suis plus là. Ou au moins, te souviens-tu de ce que tu disais l’autre jour : accepter là où nous sommes ; parfois au début d’une remontée mécanique, celle où tu te vautres après t’être complètement assis sur l’agrès. T’es comme un con ; tu es assis au bord, contre un pylône ; tu vois passer le reste devant toi. Je suis au frais pour regarder le paysage.

« Les skieurs de hors-piste s’arrêtent parfois juste pour regarder la trace qu’ils ont laissée derrière eux. »

Il n’y a pas d’océan et les arbres sont rares où tu te tiens. Du trou dérive ton regard, parfois replonge sur le peu de pied que tu sens s’agiter pour combattre l’engourdissement _ quand les grands froids de l’hiver viennent, la peau des grands fauves savait nous réchauffer_. Or, la froidure électrise à la mort des terminaisons nerveuses. Tu es excité de sentir l’ultime secousse dont la résonance figurera comme le plus beau des sentiments, une fois retourné au foyer. Oui, il faut accepter la place où nous sommes parce que le regard, lui, s’échappe au delà de ce que l’on pensait avoir une fin.

« On ne peut s’arrêter au milieu du chemin. J’ai su pour l’instant préserver ma motivation. Mon unique objectif reste la recherche de la performance absolue. »

Il y a toutes ces constructions qui supportent le regard et induisent son parcours dans la circonscription du champ. Il doit tourner pour ressentir la dynamique particulière du paysage, suivre sur les lignes d’un système d’orientation pensé pour l’œil. L’œil navigue par bosses et par creux tant et si bien que le regard s’enivre de ressentir sa propre dynamique. Les deux mouvements permettent une lecture ambivalente d’un même point de vue. Parfois vont-ils de concert mais bien plus souvent, ils avancent paradoxalement. La discussion qui s’entretient en soi-même _ sa dynamique propre_ et celle de son être avec le monde _ dynamique particulière du paysage_ formulent notre rapport à la construction et au bâtir de la construction.

_ Au bord de la fondation, vingt centimètres me séparent du sol. J’ai le visage qui déborde, les yeux au ras de l’étendue aux multitudes de gris, l’estomac au bord des lèvres, les lèvres qui embrassent le bord de la dalle, les dents qui grattent le ciment qui regorge de graves. J’ai l’avantage de ne pas abîmer l’arrête de la dalle de béton ; je suis l’outil de qualité qui n’amoindrit pas la tension de la ligne. Bien au contraire, je souligne l’inscription au réel d’un temple, participe d’une découpe efficace pour savoir ce qui se situe dans et hors la place où je me trouve car j’apporte la preuve de sa force. _

« – Qu’est-ce que tu fais Derek voyons c’est ta famille !

- Ouais, c’est ma famille, c’est ma famille. Et tu sais quoi ? J’en ai vraiment rien à branler de toi, de ce que tu penses ou de qui que ce soit, tu ne fais pas partie de cette famille et t’en feras jamais partie. »

Tu contemples ce qui se déploie là, depuis ce trou et te projettes au passé des constructions. L’hiver a connu d’autres hivers. Celui de 2030 pose encore la même question que celui que nous vivons pour l’heure : comment notre regard circule-t-il au paysage de nos désirs et je dirais encore, de nos attentes pour le futur en regard de nos acquis passés ? La force de l’hiver me plonge au plus profond du silence, me recroqueville, contient l’expansion pour une plus grande réserve de l’énergie. La dynamique du regard en tant que tel, préside pour l’instant à la dynamique du paysage. Tu suspends la question du rapport au monde pour quelques jours à -30°C. et revient l’histoire d’un château de sable ; quelque chose que peu de personnes ont vu mais que le souvenir ramène au premier plan, pour nous qui en connaissons les détails.

Il n’y avait pas de béton, que du sable, oui du sable des plages du sud-ouest de la France. Je n’y étais pas, tu sais. Ils s’évertuaient à s’offrir pour quelques heures un podium en creux pour les héros qu’ils étaient. Leur victoire s’est effacée aussitôt que la marée a monté. Une première dérive tout à fait déclarée pour le regard qui s’y perdait tant le contraste de masse se faisait sentir. Plus de victoire et l’affaiblissement de leur destin. La lumière était si forte que la Vérité s’était déplacée vers un coin de tranquillité, la seule ombre encore disponible au soleil de midi, la leur. Elle s’était réfugiée dans le ballotement de la tête, dans l’enroulé du buste qui s’approche du fond du trou pour creuser plus aisément ; tout ceci sans rien n’y voir, sans l’ombre d’un doute. Ils construisaient et agissait une histoire, une vérité moins Vrai mais véritable au sens du partage de l’expérience d’une place et d’un temps commun. Il en va ainsi des fondations excavées de bord d’océan. Elles s’emplissent nécessairement de dizaines de mètres cubes d’eau salée sur le podium de victoires éphémères. Ce grand bouillon comble l’incise ; devient momentanément l’îlot perdu au milieu des terres et finit par ne plus être du tout.

” en baie de Lannion, la Compagnie Armoricaine de Navigation a pour projet d’extraire du sable d’une dune hydraulique, dune constituée par les courant marins. “

Ils doivent bien lever un autre chemin comme nous levons ces tonnes de sable aux fonds des océans pour les ensembles architecturaux contemporains ; toi aussi, à la lisière des forêts couvertes d’épais manteau neigeux, tu lèves la neige pour bâtir quelques fondations périssables.

Ils reconfigurent à partir de l’absence des victoires pour en envisager de nouvelles. Elles seront de toutes façons éradiquées par l’appel du vide et sa nécessité de comblement.

Les fondations neigeuses d’ici racontent le vide en d’autres lieux et d’autres temps. Je ne connais pas le nom des dunes faites de neige. Contrairement aux masses colossales de sable qui ne se reconstitueront ni ne se déplaceront de vie d’homme, j’ai meilleur espoir pour ces incroyables volumes d’eau. Ils se déplacent de manières fulgurantes. Je suis même parfois effrayé de voir un jökulhlaup se répandre sur toutes ces constructions précaires ; tant de troncs d’arbre arrachées à la terre, tant de neige et de boue, parce qu’un vide créé a appelé une débâcle glaciaire à tout venir combler. Il y aura tant de chose à déblayer, à retirer … Pour opérer finalement une gestion de cette surabondance qui salit notre paysage. Le temps est gros au dehors.

De là où je te parle, mon regard se perd à la cime de ce grand marronnier qui vacillent au gré du vent. Il y a quelques temps déjà est venue une de ses vieilles amies. Il a toujours été pour elle, le phare qui lui indiquait la possibilité d’un retour au temps de l’hiver 1932. Le déplacement de quantité de neige par train depuis la frontière canadienne à destination de Lake Placid. Tout ceci avait couté cher, très cher au temps de la grande dépression et avait durablement endetté l’état de New York. Les athlètes qui, par 7°C., s’inscrivaient comme les dignes représentants de l’esprit olympique en skiant à même les cailloux et slalomant entre les flaques de neige fondue. Tant de masses déplacées, d’énergie dilapidée pour quelques victoires qui dorment aujourd’hui et pour toujours aux côtés de leur héros. Je me réjouirai plus vite, plus loin et plus fort ; passer à côté des lauriers pour sentir au printemps mon regard s’élancer aux parallèles de la dynamique du paysage. Je cède malgré moi à la fascination des figures lorsque je discerne de moins en moins distinctement une certitude qui s’en ira dormir au cœur de ce que je creuse : malgré son grand âge, elle se tenait debout aussi fermement qu’un marronnier.

A Bordeaux, le 25 février 2014

Nicolas Linel

05/03/2014

TOPOGRAPHIE

du 12 au  21 mars 2014
15h – 21h > Entrée libre
11.03 > 18h Vernissage
14 & 21.03 > Visites guidées
La Cantine est ouverte les 13, 14, 15, 20 et 21 mars à partir de 18h > Apéritif

Exposition des diplômés DNSEP 2012 de l’EBABX-Ecole d’Enseignement Supérieur d’Art de Bordeaux. Cette exposition, deux années après leur sortie de l’école, contourne la difficulté de la proposition d’une exposition de diplômés, par une approche élaborée à partir d’un principe de réalité : que font ces jeunes artistes aujourd’hui ?

Commissaire : Marie Coulon
Avec Bérénice Béguerie (A), Ludovic Beillard (A), Jean-Baptiste Carobolante (A), Marine Courillon (A), Charlotte Dauvillier (A), Hugo Dayot (A), Charlène De Labaca (A), Victor Delestre (A), Victoire Delpierre (D), Aude Dumay (A), Lucas Furtado (A), Coline Gaulot (A), Cynthia Gomes (D), Julien Journoux (A), Romain Juan, (A) Camille Labouche-Deus (A), Nicolas Linel (A), Irwin Marchal (A), Olivier Prat (A), Leslie Rivalland (A) et Louis Zébo (A). A-Art / D-Design

Topographie est un relevé, une cartographie de ce que sont devenus ces anciens étudiants, présentant leur pratique, leurs préoccupations, ce qu’ils sont et font aujourd’hui. La topographie est la science qui permet la mesure puis la représentation sur un plan, des formes et détails visibles sur le terrain : son objectif étant d’en déterminer leurs positions. Ces deux années écoulées sont ici notre terrain, les formes et détails sont leur actualité, leurs positions cette exposition.

Platon, avec sa formule « Que nul n’entre ici s’il n’est d’abord géomètre », fait de cette discipline un préalable indispensable à la pratique de la philosophie : l’homme se donne désormais pour tâche de prendre la mesure du monde, se dotant pour cela d’un nouveau mode de raisonnement, où les démonstrations ne se fondent plus seulement sur des exemples particuliers, mais prennent un caractère plus général. C’est ce que nous voulons montrer ici.

 

15/01/2014                

READY-MADE : 100 ANS PLUS TARD

15 janvier au 23 février 2014
Vernissage : dimanche 19 janvier 14 h

Avec : Marilou André, Ludovic Beillard, Audrey Bilodeau-Fontaine, Michael Borowski, Joyce Harmony, Gorgeous Lapaz, Alexandre Nunes, Élise Provencher, Nico Raddatz, raison mobile, Alexandre Roy et Special lab.

Pour la première exposition de 2014, Espace Projet inaugure un nouveau volet de sa programmation : l’exposition anniversaire. Une fois par année, nous soulignerons l’anniversaire soit, de la mort d’un artiste, de la naissance d’une œuvre ou d’un courant. Avec l’intention de tisser des liens entre l’histoire de l’art et l’art actuel, nous réfléchirons à l’influence des mouvements, des œuvres et des artistes sur les pratiques contemporaines. Nous débutons avec la célébration du centenaire du ready-made.

On peut penser que Marcel Duchamp a créé le premier ready-made en 1913 avec la Roue de bicyclette, l’assemblage d’une roue de bicyclette sur un tabouret. Mais, il ne s’agissait pas tout à fait d’un ready-made, l’artiste le voyait plutôt comme une sculpture sur un socle. Le premier ready-made est donc le Porte-bouteille (1914) ; objet qui est choisi de façon aléatoire par Duchamp et qu’il désigne comme œuvre. Le terme ready-made est quant à lui inventé à postériori, en 1915. Bien sûr, Fontaine (1917) demeure l’œuvre phare de Duchamp et celle-ci cause tout un scandale à l’époque. En voulant défendre son geste (l’appropriation d’un objet utilitaire, la fausse signature et la désignation de cet objet simplement retourné et signé comme œuvre), Duchamp explique : « Que Richard Mutt ait fabriqué cette fontaine avec ses propres mains, cela n’a aucune importance, il l’a choisie. Il a pris un article ordinaire de la vie, il l’a placé de manière à ce que sa signification d’usage disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue, il a créé une nouvelle pensée pour cet objet ».

Bien que cent ans soient passés, le questionnement sur la valeur de l’art, ce qui est art ou ne l’est pas, est toujours bien actuel. Avec douze artistes provenant du Québec, de la France et des États-Unis, cette exposition tentera de réfléchir à l’influence du ready-made dans l’art actuel. Comment les artistes actuels utilisent-ils l’objet manufacturé ? Quelles sont leurs intentions derrière ces appropriations, ces détournements, ces travestissements ?